Rapport de rentabilité

Le Rapport de rentabilité dresse le portrait de la rentabilité estimée[1] des animaux du troupeau. Le profit estimé est calculé pour chaque vache au 1er vêlage et à la fin de chaque lactation. Le profit est exprimé en $/vache. Le Rapport de rentabilité compte deux sections : Sommaire du troupeau et Profit à vie par vache.

Sommaire du troupeau

Le Sommaire du troupeau établit les moyennes de groupes à partir des données de rentabilité individuelles du rapport Profit à vie par vache. Le Sommaire permet une analyse efficiente des résultats et la comparaison des moyennes du troupeau avec les statistiques provinciales. Note : les vaches sont groupées selon le nombre de lactation(s) complétée(s), la lactation incluant la période de tarissement. (Ex. : une vache qui a vêlé deux fois est considérée en deuxième lactation jusqu’à ce qu’elle vêle une 3e fois). 

Attention au résultat global du troupeau car il combine le profit par jour de vie et la démographie du troupeau :  on peut afficher une excellente performance pour chaque groupe de lactation mais présenter un résultat global décevant si la proportion des vaches ayant plusieurs lactations est très faible.  Les vaches n’ayant pas complété une première lactation ne sont pas considérées dans cette moyenne de troupeau ce qui fait qu’un taux élevé de réforme a moins d’impact qu’on aurait pu penser. Malgré tout cela affecte le nombre de vaches en 3e lactation et +…celles qui ont généralement atteint la zone affichant les meilleurs profits.

Le rapport Sommaire du troupeau comporte trois sections :

  1. Tableau des Moyennes du troupeau

Présente les moyennes de groupe pour le profit et l’âge selon le nombre de lactations. L’analyse verticale des moyennes de groupe montre l’évolution de la performance des groupes d’animaux selon les variations de votre système de gestion dans le temps. Cette information peut être employée pour analyser l’impact sur le profit par vache de changements de gestion tels une amélioration de l’élevage des génisses, une transformation du logement des animaux, un nouveau programme de gestion de la reproduction. En sens inverse, on peut constater l’impact économique sur le troupeau de la baisse de production causée par l’utilisation de fourrages de qualité inférieure ou des problèmes de santé. 

  1. Rangs centiles du troupeau

Les barres du graphique situent les moyennes du troupeau par rapport aux autres troupeaux de la province. Le graphique montre comment chaque groupe de lactation se compare en termes de profit et d’âge des vaches et met en évidence les points forts comme les points susceptibles d’être améliorés.

  1. Statistiques comparatives provinciales

Les statistiques provinciales sur les troupeaux inscrits à une agence d’amélioration sont fournies aux fins de comparaison, d’analyse et de détermination des objectifs.

Profit à vie par vache

Le rapport Profit à vie par vache liste les vaches du troupeau selon l’un des plus importants critères de performance : le profit ! Le rapport estime la rentabilité de chaque vache au 1er vêlage et à la fin de chaque lactation. La valeur de profit ($/vache) calculée pour chaque animal prend en compte sa capacité à produire du lait autant que sa capacité à donner un veau et à reprendre la production.

La rentabilité est calculée en estimant les revenus pour chaque vache, puis en soustrayant les dépenses liées à son élevage, sa maintenance et à sa production. La valeur du lait produit est obtenue en utilisant la moyenne provinciale du prix des composantes intra quota de la dernière année. Le coût d’élevage s’appuie sur un vêlage à 24 mois auquel on ajoute des coûts indirects[2] et des coûts d’alimentation pour chaque jour au-delà de cette période.  

Du côté des vaches, des coûts indirects et des coûts d’alimentation spécifiques sont utilisées pour la période de lactation tandis que les vaches taries se voient attribuées les mêmes coûts indirects que les taures de plus de 24 mois mais chaque groupe a son propre coût d’alimentation.  Comme on doit aussi investir dans le quota, un coût d’opportunité équivalent à l’intérêt sur la valeur de celui-ci a été diminué des revenus des ventes de lait. Les valeurs utilisées pour les calculs ont été établies en collaboration avec Groupes conseils agricoles du Québec en prenant comme référence les données Agritel Web.

Le profit à vie par vache présente la rentabilité de tous les animaux qui ont vêlé au moins une fois et qui étaient présents dans le troupeau lors du dernier test de l’année ou à la date de test figurant sur le rapport. Les animaux sont listés en quatre groupes : ceux qui ont vêlé seulement une fois, ceux qui ont complété une lactation, ceux qui ont complété deux lactations et ceux qui ont complété trois lactations et plus. Les vaches de chaque groupe sont classées par ordre de profit descendant ($/vache). La valeur de profit Au 1er vêlage représente le coût (profit négatif) d’élevage de l’animal de la naissance au vêlage. Ce chiffre est fourni pour tous les animaux, d’après leur âge au premier vêlage (également fourni) et les coûts d’élevage des génisses. Les colonnes 1re lactation, 2e lactation et 3e lactation présentent l’âge à la fin de la lactation et le profit estimé pour chaque animal qui a complété une lactation ou plus. La colonne À vie montre, pour les animaux qui ont complété 4 lactations ou plus (donc, qui ont vêlé 5 fois ou plus), le profit ($/vache) calculé à la fin de leur plus récente lactation complétée. Le Profit/Jour présente le profit calculé pour chaque jour de vie, pour tous les animaux qui ont complété une lactation ou plus. Les valeurs de profit calculées pour chaque vache vont changer chaque fois que le rapport sera imprimé, et vont montrer comment l’animal se compare d’après les prix courants. Au fil du temps, ceci va permettre des comparaisons précises entre les groupes d’animaux. Estimé des coûts L’estimé des coûts d’élevage et d’entretien est périodiquement actualisé et les chiffres sont ajustés selon la race laitière. C’est particulièrement important en ce qui concerne les coûts d’élevage qui varient passablement d’une race à l’autre.  Nous déduisons cependant la valeur de la vache de réforme de manière à ne considérer que le coût net de remplacement dans ce calcul du profit par jour de vie. On doit souligner que la valeur de la vache de réforme a grandement diminué depuis 2015 (ex :  de 1501 $ à 868 $/tête entre 2015 et 2019 pour la vache Holstein).  Les coûts d’alimentation sont établis en fonction des quantités de composantes produites plutôt que sur le volume de lait.  Depuis 2015, le calcul se fait de façon distincte pour le gras et pour la protéine produits en utilisant la même approche que le nouvel indice Pro$.  Une partie des aliments consommés par la vache en lactation est utilisée pour assurer sa subsistance et non pour produire du lait.  La valeur de ces aliments (essentiellement des fourrages) est incluse dans les frais indirects quotidiens de la vache en lactation.  Les charges d’intérêt appliquées sur la valeur du quota sont aussi ajustées en fonction de l’évolution des prix et des taux d’intérêt. Nous avons voulu mieux refléter les différences entre les races depuis 2015 : les charges indirectes des taures, les vaches taries et des vaches en lactation ont été ajustées à chaque groupe en fonction des informations disponibles.  Ex : une petite vache occupe moins d’espace-étable ce qui se transpose dans un coût de logement inférieur.   Analyse financière Un profit par jour de vie positif signifie que la vache a produit suffisamment de composants pour à couvrir l’ensemble des coûts encourus depuis sa naissance incluant la rémunération du producteur, et a généré un bénéfice pour rentabiliser l’argent investi par les propriétaires dans leur entreprise.  Soulignons que pour permettre de comparer la performance économique des vaches entre elles, on calcule la valeur de tout le lait produit depuis leur premier vêlage au prix courant de la dernière année.  On peut ainsi comparer directement la rentabilité de nos premières lactation 2020 avec les premières lactation 2015 sans avoir à se soucier de la différence de prix reçu au cours de ces deux années. Ainsi ce n’est pas un historique du gain réalisé par une vache qu’on étudie mais plutôt comment son parcours de production se compare aux autres dans le troupeau et dans l’ensemble des troupeaux dans des conditions économiques semblables.  On veut voir comment son âge au vêlage, sa production cumulative de composants et la durée de ses périodes de tarissement influencent le bénéfice accumulé. On a reçu beaucoup de commentaires suite au grand nombre de résultats négatifs observés en 2015 et 2016.  En analysant notre système basé sur des coûts moyens par vache par jour, on s’est rendu compte que les troupeaux moins productifs affichaient des charges de vétérinaire, d’insémination, de litière, …, moins élevées que la moyenne.  En fait, ces dépenses ont tendance à varier en fonction du niveau de production des vaches plutôt que de rester fixes.  Nous avons donc décidé de réduire les coûts indirects par jour en les déterminant à partir d’un niveau de production plus bas.   En plus, les revenus moyens des primes à la qualité et de la prime SNG sont maintenant considérés dans nos calculs puisqu’ils représentent une partie des revenus du lait.  Ces changements permettent de mieux refléter la réalité du terrain.  Mais nous ne serons jamais en mesure de prétendre que ce rapport correspond aux profits réels encaissés par la ferme et ça n’a jamais été son objectif. Il y a peu de différence entre le coût d’élevage net des différentes races à cause du prix plus élevé de la réforme pour les grandes races.  La méthode de calcul du coût des aliments isole le coût pour produire un kg de matière grasse de celui pour produire un kg protéines.  Pour 2020, on voit une baisse de 0.12 $/kg de m.g. et une hausse de 0.13 $/kg de protéine ce qui laisse le coût d’alimentation pour un lait à composition moyenne au même niveau que 2019.  La hausse du prix de la protéine en fin d’année n’a pas eu beaucoup d’impact sur le prix moyen annuel.  Le coût de financement du quota a pour sa part connu une baisse significative en lien avec le plongeon des taux d’intérêt causé par crise économique liée à la COVID. A signaler pour 2020 : malgré le creux du mois d’avril, les prix moyens reçus pour les composants du lait (gras, protéine et LAS) sont très comparables à ceux de 2019.  Pour 2020, on retrouve 65 % des troupeaux affichant un profit supérieur à 0 $.  Ça ne veut pas dire pour autant que les entreprises dont le profit est négatif sont en faillites mais il y a certainement des façons de faire à revoir afin de permettre aux vaches d’afficher une meilleure rentabilité. Interprétation  Un profit par jour de vie de 0,50 $ équivaut donc à un profit net après avoir payé un intérêt de 1,6 % sur toute la valeur du quota négociable de la ferme.  Cette somme servira à rentabiliser les investissements réalisés dans les bâtiments, les équipements et les animaux de la ferme (valeur moyenne de 13 800 $/vache pour 2020). Une vache de 4e lactation affichant un profit par jour de vie de 0,50 $ aura généré un rendement moyen 1,3 % sur ces investissements : (0.50 $ x 365 j) ÷ 13 800 $.  On peut donc dire que le rapport de rentabilité vous permet de mesurer le rendement moyen de vos investissements tout en identifiant vos meilleurs placements.

Limites

Le rapport de rentabilité n’est pas conçu pour analyser la situation particulière de l’alimentation dans l’entreprise, ni toute autre dépense spécifique puisque qu’on utilise des valeurs standards (moyennes de groupe) dans les calculs.  Ce serait donc une erreur de tirer des conclusions sur la performance économique globale des entreprises sur la base de ce rapport.  Malgré tout, si les résultats de ce rapport sont positifs mais que vous n’avez pas l’impression que ça se reflète dans votre compte de banque, peut-être serait-il temps d’analyser vos propres coûts!

[1] On parle de rentabilité estimée parce qu’on utilise des coûts standardisés pour tous les troupeaux puisqu’on ne dispose pas des coûts réels de chaque ferme.

[2] Litière, entretien des équipements et bâtiments, salaires, frais généraux, intérêts payés, amortissements, rémunération du travail de l’exploitant et de sa famille.

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