Les cinq facteurs clés de la gestion des vaches en transition

Voici cinq facteurs clés ayant un impact sur la transition selon des chercheurs du domaine comme le Dr Ken Nordlund (Université du Wisconsin) et James Drackely, Ph. D. (Université de l’Illinois).

  1. Assurer suffisamment d’espace à la mangeoire (vaches pré-vêlage et fraiches)
    Un espace insuffisant à la mangeoire s’est avéré être la principale cause des problèmes de transition. Idéalement, il faut 75 cm (30 po) d’espace à la mangeoire par vache, et donc une densité de logement de 80 % à la mangeoire pour toutes les vaches taries et en préparation vêlage lorsqu’on a des cornadis standards de 60 cm (24 po). De façon réaliste, il faut s’assurer que toutes les vaches taries peuvent manger en même temps. Tous les producteurs qui ont participé à ce projet ont reconnu qu’il est important d’améliorer l’espace à la mangeoire pour améliorer les transitions, mais ce ne sont pas toutes les fermes qui ont été capables d’atteindre les chiffres désirés.

  2. Minimiser les déplacements de vaches et le stress de changement de groupe
    Pour une transition optimale, il est crucial de prévoir les changements de groupe des vaches de manière à réduire le stress. Lorsque possible, les vaches devraient être transférées en groupes, et non pas une seule à la fois. De plus, les transferts ou changements de groupes devraient avoir lieu une fois par semaine pour minimiser les épisodes de stress dus à la remise en place de la hiérarchie au sein du groupe.


    Si les changements de groupe sont effectués de façon hebdomadaire, il est recommandé de viser plus près de 28 (vaches) et 35 (taures) jours de préparation vêlage pour corriger pour les vêlages précoces et assurer le minimum de 21 et 28 jours de ration pré-vêlage.

  3. Assurer suffisamment d’espace de couchage par animal, en stalle ou en parc

  4. Maximiser le confort de la surface des aires de couchage ou stalles
    Ces deux facteurs ont un impact majeur sur le succès de la transition. En effet, des vaches trop nombreuses dans le même espace et inconfortables présentent un risque plus élevé d’avoir une transition moins efficace. Mais cette information ne devrait pas être étonnante.

    L’objectif est que les génisses et vaches taries sur litière accumulée aient au minimum 11 m2(120 pi2) par vache de surface de couchage (en excluant l’allée d’alimentation). Si l’allée d’alimentation est incluse dans le calcul, alors il faut viser 14 m2 (150 pi2) par vache. La litière accumulée doit être bien gérée, c’est-à-dire être présente en quantité suffisante, être confortable et propre. 

    Quant aux stalles et logettes, il faut que les vaches et taures en gestation puissent facilement se coucher et se lever. L’objectif est que la surface de repos soit confortable et propre, et qu’elle offre une bonne adhérence pour éviter que les animaux glissent. Pour plus d’information sur les stalles/logettes et la litière accumulée, consultez notre Guide pratique pour l’évaluation et l’amélioration du confort à l’étable

  5. Porter attention à l’alimentation des vaches taries
    Il s’agit souvent de la première et seule chose qui est changée dans un troupeau où les transitions sont problématiques. L’alimentation peut être le facteur en cause, mais pas toujours. Parfois, c’est la seule chose qui peut être changée. Il arrive souvent que la ration soit ajustée, mais qu’on ne tienne pas compte des autres facteurs importants. Évidemment, le changement à l’alimentation pourrait alors ne pas produire les résultats escomptés.

    Pour optimiser l’alimentation des vaches taries et leur consommation de matière sèche (CVMS), il est important de faire une analyse complète de tous les fourrages pour bien tenir compte de leur teneur en protéines, en énergie et en minéraux. D’autres facteurs, comme la longueur de hachage des fourrages, sont aussi importants pour réduire le risque que les animaux trient les aliments. Lorsque les deux groupes en transition ont des rations distinctes, il est crucial d’équilibrer l’alimentation des vaches taries et de celles en préparation au vêlage en tenant compte de l’énergie, de la protéine métabolisable, des vitamines et des minéraux afin de diminuer le risque de fièvre de lait, de rétention placentaire et d’acétonémie de type II (souvent due à un apport énergétique excessif pendant le début du tarissement). Une alimentation équilibrée durant la période de transition favorise également la production d’un volume et d’une qualité de colostrum adéquats lors du vêlage.

    En ce qui concerne le colostrum, l’objectif est d’atteindre une production de 6 à 8 litres pour les génisses et d’au moins 8 à 10 litres pour les vaches. De plus, le colostrum devrait avoir une valeur Brix d’au moins 22 % (mesurée à l’aide d’un réfractomètre). Cette qualité devrait être maintenue 90 % du temps. D’ailleurs, de telles valeurs pour le colostrum sont un autre bon indicateur de transitions efficaces.  Le Dr Dorrance a aussi fortement recommandé d’administrer un bolus de Rumensin CRC à tous les animaux Holstein (vaches et taures) deux à quatre semaines avant le vêlage.

Petit conseil ! Il est plus facile de gérer ce que l’on mesure. Chaque fois que vous apportez des changements, prenez-les en note; utilisez vos données (de Lactanet, de votre logiciel à la ferme ou de votre système de traite automatisée); et contactez votre équipe de conseillers agricoles pour vous aider à interpréter ces renseignements extrêmement utiles. Beaucoup de producteurs le font, et ils voient des résultats. 

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Par Jeffrey Gunn, M. Sc.

Par Stirling Dorrance, B. Sc., DMV, conseiller en production laitière