Dépistage de l’acétonémie sous clinique

Le monitoring des β-hydroxybutyrates (BHB) durant la période de transition est une mesure de régie largement utilisée dans les troupeaux laitiers.

La présence de BHB dans le sang et dans le lait en début de lactation est le résultat d’une adaptation physiologique de la vache au contexte de déficit énergétique qui prévaut à ce moment. Ce n’est que lorsque certaines vaches perdent le contrôle et en produisent une quantité excessive que des problèmes surviennent.

Plusieurs outils sont disponibles pour dépister l’acétonémie sous-clinique ce qui peut entrainer parfois une certaine confusion. Une question qui revient à l’occasion concerne la corrélation entre les analyses effectuées sur le lait et les analyses sanguines.

« Ma vache est négative sur mon rapport CÉTOLAB mais une prise de sang dit le contraire. Est-ce que ça veut dire que l’un des deux tests n’est pas bon ? »

Il arrive à l’occasion que le résultat d’un test sanguin semble contredire le résultat de CÉTOLAB. Est-ce que ça veut dire que l’un des deux résultats est inexact ?  Essayons d’y voir plus clair !

Un premier point à vérifier : est-ce que les échantillons ont été prélevés la même journée ?

L’hypercétonémie se définit comme la présence d’une quantité de BHB plus élevée que la normale.

Chez plusieurs vaches, l’hypercétonémie est de courte durée. Ces vaches reprennent rapidement le contrôle de la situation et on n’observe généralement pas de conséquences néfastes.

Par contre, certaines vaches ne parviennent pas à rétablir la situation et développent une hypercétonémie qui persiste pour plusieurs jours, entrainant potentiellement des problèmes de santé.

Le taux de BHB (dans le sang ou dans le lait) est un processus physiologique dynamique. Il est par conséquent possible qu’une vache soit en hypercétonémie une journée, mais pas nécessairement la veille ou le lendemain selon que la situation se dégrade ou s’améliore.

Les échantillons ont-ils été prélevés au même moment de la journée ?

Le niveau de BHB varie également pendant la journée et est fortement influencé par l’alimentation du troupeau.

Plusieurs expériences ont démontré que les valeurs de BHB sont généralement plus basses la nuit et tôt le matin (avant de nourrir les vaches) et atteignent leurs valeurs maximales au cours de la journée (généralement quelques heures après que les vaches aient mangé).

L’importance de cette variabilité serait plus grande chez les vaches qui sont en hypercétonémie durant plusieurs jours. Ces vaches pourraient facilement se retrouver avec une valeur normale en début de journée et être en hypercétonémie quelques heures plus tard. 

Tester dans le lait ou dans le sang ?

Un échantillon de sang prélevé en même temps qu’un échantillon de lait ne donne pas nécessairement la même information.

En effet, l’analyse sanguine pourrait se comparer à une photographie de la situation métabolique de la vache à un instant précis alors que l’analyse de l’échantillon de lait présente la valeur moyenne des BHB depuis la dernière traite.

Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que l’échantillon de lait pourrait même donner une évaluation plus stable de la situation métabolique de la vache.

Un test de troupeau

Tel que mentionné précédemment, l’hypercétonémie est de courte durée chez certaines vaches mais persiste plus longtemps pour d’autres. Le pourcentage de vaches en hypercétonémie et la variation de ce paramètre dans le temps est l’élément sur lequel les producteurs devraient se concentrer lorsqu’ils utilisent l’analyse CÉTOLAB. C’est la raison pour laquelle on dit que CÉTOLAB est un test de troupeau.

Voyez comment Jennifer Donahue, conseillère stratégique chez Lactanet, utilise CÉTOLAB.

Comment s’y retrouver ?

Le sang et le lait sont deux liquides biologiques qui peuvent être utilisés efficacement pour faire le suivi de la période de transition.

L’important est de mettre en place une stratégie de testage qui puisse bien répondre à vos objectifs et, par la suite, de bien interpréter les résultats.

Parlez-en avec votre conseiller Lactanet, votre conseiller en alimentation et/ou votre médecin vétérinaire pour mettre en place une stratégie qui convient à votre troupeau.

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Par Jean Durocher, M. Sc., D.M.V.
Diplômé de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal et excellent communicateur, Jean a contribué à la formation de nombreux médecins vétérinaires praticiens de partout dans le monde sur les techniques de transfert d’embryons et d’échographie.

Avec la collaboration de Jennifer Donahue, conseillère stratégique, Lactanet

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