Bien loger les chevrettes pour favoriser leur développement et leur bien-être
- 26 novembre 2024
En matière de logement, les chevrettes ont des besoins très spécifiques : d’ambiance, de surface disponible et d’aménagement des aires de vie. Ces éléments doivent être pris en compte pour offrir à notre relève un lieu de vie favorable à leur bon développement et à leur bien-être. Sans bien sûr oublier celui des éleveurs!
Les besoins en températures et en surface
Les chevreaux naissants ont des besoins spécifiques en termes de température. Fragiles à la naissance, ils sont plus résistants à de faibles températures après seulement quelques jours de vie. Cela est d’autant plus vrai s’ils reçoivent un lait réchauffé. Pour une adaptation facile et un confort optimal, la température dans le bâtiment doit être entre 12°C et 21°C pour des nouveau-nés et les courants d’air réduits au maximum (voir Figure 1).
Une température adaptée et une ventilation efficace sont les clés pour garantir une bonne ambiance dans le bâtiment. Ces bonnes conditions d’élevage vont permettre d’assurer une bonne croissance des chevrettes et limiter les contaminations microbiennes.
Les besoins en surface et longueur d’auge des chevrettes diffèrent selon leur âge (voir Tableau 1). Les mangeoires et les systèmes d’alimentation doivent être conçus pour que toutes les chevrettes aient facilement et confortablement accès à la nourriture en même temps, surtout quand leur ration alimentaire est restreinte. Une densité d’élevage trop élevée est stressante pour les chevrettes et favorise la propagation des maladies.
Tableau 1 : Recommandations en surface et longueur d’auge selon l’âge de chevrettes.
| Âge des chevrettes | ||||
| Recommandations | 1 mois | Sevrage | 7 mois | 12 mois |
| Surface minimum (m2/animal) | 0,25 à 0,30 | 0,5 | 1,0 | 1,5 |
| Longueur d’auge minimum (cm/animal) | 20 | 25 | 30 | 33 |
Assurer une bonne luminosité
Une bonne luminosité du bâtiment participe aux bonnes conditions de travail des éleveurs et au bien-être des animaux. La lumière est également déterminante pour la réussite de la reproduction des chevrettes. En cas de désaisonnement, un éclairage de 200 lux au niveau des yeux des animaux est nécessaire. Voici un article rédigé par le Bulletin des agriculteurs qui explique comment mesurer l’éclairage de façon pratique à l’étable, avec votre téléphone cellulaire.
En complément à l’éclairage naturel, il est possible d’installer un éclairage artificiel. L’objectif est d’avoir au total 150 lux au niveau de l’aire de repos des chevrettes pour pouvoir y travailler dans de bonnes conditions d’éclairement.
Offrir un milieu propre et exempt d’humidité
Quel que soit le type de sol du bâtiment, il faut éviter que les chevrettes soient en contact avec de la litière humide, particulièrement pendant la phase lactée. Pour contrôler l’humidité et les odeurs de la litière, elle doit être nettoyer de façon régulière. Une litière humide favorise la multiplication des mouches qui sont d’importants vecteurs de maladie. De plus, si l’humidité n’est pas évacuée, il y a plus de risque de créer de l’inconfort pour les chevrettes et qu’il y ait une augmentation des risques de maladie pulmonaires. Il est donc important que l’air du bâtiment soit renouvelé, mais sans provoquer de courant d’air.
Enrichissement du milieu de vie
Pour améliorer le logement et permettre aux chevrettes d’exprimer leurs comportements naturels, il est maintenant exigé de fournir aux chèvres au moins un type d’enrichissement (source : Code de pratique pour le soin et la manipulation des chèvres, 2022).
Les enrichissements peuvent être relationnels ou sociaux, alimentaires, occupationnels, physiques ou sensoriels. Ils vont généralement offrir un environnement plus complexe aux chèvres avec, par exemple, des plateformes, des brosses, des bidons, etc.
De tels enrichissements peuvent apporter des avantages à long terme, comme la réduction du stress et des agressions. Les enrichissements peuvent aussi faire augmenter les taux de croissance.
Avant de procéder à l’achat des enrichissements, il faut se questionner sur leur intérêt pour les animaux. Il est également important de tenir compte des risques engendrés par les enrichissements envisagés, les contraintes qu’ils peuvent induire ou encore leur durabilité.
Des chevrettes bien logées seront plus confortables, plus productives et seront ultimement, plus rentables.
