Tirer profit du marché de la protéine : est-ce que c’est pour moi ?

Avec le changement de politique de paiement du lait annoncé pour avril 2026 le message envoyé par les offices de mise en marché du P5 est clair, les opportunités d’augmenter son revenu seront surtout du côté de la protéine. Ils sont à la recherche de quiconque est prêt à fournir plus de protéine pour satisfaire le marché.

Le première réaction/solution, et la plus simple, est de vouloir augmenter son taux de protéine. Mais la majorité des experts et des intervenants vous le diront, c’est plus facile à dire qu’à faire! D’accord. N’en reste pas moins que les marchés demandent de la protéine, à tout le moins pour les prochaines années, que les offices de mise en marché ont décidés de rémunérer plus sérieusement la protéine à partir d’avril et que c’est donc là que demeureront la majorité des opportunités de croissances de revenu de lait pour les prochaines années.

Figure 1: Prix du lait en fonction du ratio SNG 1

Alors, quelle stratégie adopter?

Ne rien faire? J’avoue que si vous en avez déjà plein les bras ça peut être tentant. Surtout si votre ratio SNG est déjà au-dessus de 2.12 et que vous sortez gagnant du changement de politique de toute façon! Sans rien faire! Mais, quand vous aurez le temps d’y repensez, vous vous apercevrez peut-être que les incitatifs sont assez impressionnants. Le marché veut de la protéine, et il est prêt à payer!

[1] Les prix de juin 2025 et Janvier 2026 sont ceux publiés par les PLQ. Le prix d’avril 2026 est une projection basée sur le prix de janvier 2026 ajusté pour la nouvelle politique et le 2.3% d’augmentation prévu à partir de février 2026.

Et si votre ratio est en dessous du 2.0 vous aurez peut-être un petit vent de panique en apprenant que vous êtes désavantagé par la nouvelle politique. Ceci étant dit, ne tentez pas d’en faire trop. Faire son quota demeure une priorité et les baisses de taux de gras demeurent une stratégie gagnante si, et seulement si, on peut compenser la baisse de gras par une augmentation de volume, de vaches, ou de protéine.

Si vous êtes incrédules, nous vous invitons à faire vos propres calculs à l’aide de notre calculatrice de paie de lait disponible en ligne .

Les solutions envisageables :

  1. Optimiser la production de protéine.
    • Est-ce qu’on produit toute la protéine que la génétique de nos vaches nous permet? Les experts en alimentation parlent de santé du rumen, de mouture de grains, de fibre efficace, et de balancer les sources de protéines et les acides aminés. Consultez les références du secteur (données relatives aux troupeaux du Québec uniquement) en matière de protéines et de matières grasses du lait pour évaluer la situation de votre troupeau.
  1. Une baisse du taux de gras accompagner par des augmentations de volume et/ou de protéine.
    • Certains parlent ici de stratégies de base comme de ramener ses JEL moyens à un niveau plus près des normes pour ceux qui ont des JEL moyens élevés, puisque les vaches en début de lactation ont des ratio SNG plus élevés. D’autres parlent de stratégies alimentaires ou des produits qui modifient la fermentation ruminale pour faire baisser le taux de gras ou augmenter le volume de lait et la protéine. Avec des effets variables, cela étant dit. Et d’autres parlent d’aller de l’avant avec leur projet d’augmenter la fréquence de traite au début de lactation ou de passer à 3 traites. Tous des filons qui peuvent se valoir, selon vos circonstances.
  1. Baisse du taux de gras et augmentation du nombre de vaches à la traite.
    • Une proposition très contre-intuitive! Produire le même quota avec moins de vaches est habituellement une bonne chose. Mais, si on a l’espace, la main d’œuvre, et les fourrages disponibles, produire notre quota et plus de protéines avec plus de vaches peut être une stratégie gagnante à partir d’avril 2026.
  1. À long-terme, on peut aussi parler de choix génétiques qui incluraient des objectifs minimaux en termes de taux de protéine.
    • Le retour sur investissement va dépendre des tendances du marché de la protéine à moyen-terme (3 à 5ans). Mais dans plusieurs cas il semble possible d’améliorer sa génétique en termes de protéine à moindre coût, en ne sacrifiant que très peu sur les autres traits génétiques. Pour plus de détails sur les ajustements apportés en avril 2026 à la pondération relative du rendement en matière grasse et du rendement en protéines au sein du sous-indice « Production » de l’indice de performance à vie (LPI), veuillez consulter cet article.

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Par Simon Jetté-Nantel, Ph. D.